Don't hate your boss!

 

- décembre 2015, Stanlè

 

Cette semaine, c’est autour d’un bon verre de vin et d’une belle pièce de viande que ma cousine, en réponse à ma question, « alors le boulot ? » m’a répondu d’un grand « Eurk !!! ». Cela fait quelques temps que ses relations avec son boss se sont totalement dégradées. Elle ne sait plus quoi faire et a peur de se rapprocher petit à petit du burn out. J’ai donc voulu l’écoutée, sans effet miroir, sans donner de conseils, sans rien dire, juste l’écouter.

 

Je ne vais pas m’attaquer au délicat sujet du burn out mais plutôt à la question à un million de dollars : Que faire si je déteste mon boss ? On pourrait également la reformuler de cette manière : « mon boss est un connard, que dois-je faire ? » ou encore « mon patron s’acharne sur moi, dois-je le tuer ? ».

 

Alors, avant de regarder le film hollywoodien « Comment tuer son boss ? » (1) (très drôle, je vous le conseille) pour vous informer sur les différents trucs et astuces utiles à satisfaire votre envie, je vous invite à faire un inventaire non exhaustif des réactions possibles qu’un être-humain peut avoir face à une menace. Henri Laborit dans son livre « Éloge de la fuite » de 1976 (2) propose la formule « Freez, Fight, Fly », que l’on associe surtout au règne animal, auquel nous pourrions ajouter Talk and Let It Be. 

 

Freeze (ne rien faire): Si votre chef n’est pas un Tiranosorus Rex qui ne détecte que le mouvement, je ne pense pas que  l’immobilisme soit recommandé. L’absence de réaction pourrait même le porter à s’acharner et faire de vous son souffre-douleur favori. Il faut donc casser cette omerta et entrer en proactivité quel que soit son charisme et son pouvoir.

 

Fight (vous battre) : Très délicat ! Votre patron peut-être l’homme le plus méchant, le plus détesté ou même le plus critiqué, pour notre société occidentale, il représentera toujours l’establishment. Vous battre contre lui, que vous aillez tort ou non, peut être vue par les autres comme une volonté de se battre contre les institutions. Dans ce cas, vous seriez celui qui n’est plus en lien avec l’entreprise. Vous perdez à chaque coup.

 

Fly (partir) : On sait ce que l’on perd mais on ne sait pas ce que l’on gagne. En partant de l’entreprise, vous garderez pour toujours cette haine et cette frustration qui vous ont poussé à chercher quelque chose d’autre. Quelques années plus tard, peut-être serait-il utile de prendre contact avec cette personne, pour lui expliquer ce que vous aviez ressenti alors et le pardonner.

 

Talk (parler) : C’est le summum de la proactivité intelligente. Utiliser la diplomatie pour changer les choses et entreprendre un nouveau chemin. Attaquez-vous à l’exercice passionnant de la Communication Non Violente (CNV), théorisée par Marshall B. Rosenberg (3), que l’on peut détailler en plusieurs étapes.

1. Le frein à main (ne pas répondre à chaud)

2. Partez de la tête : J’observe la situation, je cherche à comprendre le contexte

3. Descendez vers le cœur : J’exprime mes sentiments tel que je les vies. (selon le niveau de peur, de haine, de tristesse et de joie)

4. Que disent les tripes ? : J’exprime mes besoins (ils sont relativement abstraits : être reconnu, être respecté, me sentir bien, me sentir en sécurité, protégé, fort, etc.)

5. Je formule une question d’une manière positive en mentionnant les faits observés, en exprimant mes sentiments et mes besoins ; p. e. Lorsque vous m’avez dit devant l’équipe que j’étais un bon-à-rien, j’ai ressenti beaucoup de tristesse. J’ai besoin de me sentir respecté et accompagné. Pourrions-nous  commencer dès aujourd’hui une démarche d’entretiens individuels dans lesquels vous pourriez me repréciser vos critiques ?.

 

Certes cet exemple est caricatural mais n’oubliez pas que l’on ne peut pas être en désaccord avec quelqu’un sur ce qu’il ressent…

 

Let It Be : Paul McCartney l’a chanté comme une solution devant l’adversité (4). « Let It Be », c’est ne plus se concentrer sur la haine que vous pourriez avoir envers votre chef, cette haine qui vous ronge petit à petit, jour après jour.

 

Rencontrez votre patron en tête à tête, prenez votre courage à deux mains, soufflez un bon coup, imaginez le en slip panthère si ça peut vous aider et mettez les choses au clair. « Ok, nous voyons bien que notre relation est souvent conflictuelle (constat réel), nous savons néanmoins qu’ensemble nous avons déjà atteint de très bons résultats (sinon il vous aurait déjà viré), je vous demande d’exiger de moi des résultats concrets et de m’y laisser travailler. Donnez-moi l’obligation de résultat, je m’occuperai de l’obligation de moyen ».

 

Pour le rassurer dans cette démarche, vous lui donnerez des exemples de réussites issues de votre passé, vous lui raconterez comment vous avez appris de vos erreurs passées et vous le mettrez à jour aussi souvent qu’il le faudra. C’est une manière d’obtenir sa confiance sans attendre qu’il vous la donne.

 

Pour finir je vous invite à regarder, avec une bonne dose de second degré, une vidéo qui peut vraiment vous faire du bien lorsque vous vivez cette situation difficile - cliquez ici :-)  

 

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Comment_tuer_son_boss_%3F

(2) Henri Laborit, Eloge de la fuite, 1976 chez Folio Essais

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Marshall_Rosenberg

(4) https://mattandjojang.wordpress.com/2009/05/03/the-story-behind-paul-mccartneys-song-let-it-be/

 

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